Histoire

Origine et histoire du Ladoum

L'histoire du Ladoum se lit sur plusieurs millénaires ou sur cinquante ans, selon que l'on suit la trace du mouton maure à poil ras ou celle de la sélection sénégalaise moderne. Voici les deux fils, avec leurs sources. Synthèse établie notamment à partir du travail documentaire du portail OS Ladoum.

Vers 4500 av. J.-C.

Les origines : le Néolithique

Dans les abris rocheux du Tassili n'Ajjer (Algérie), les peintures rupestres d'Iheren représentent des moutons « Ovis longipes » au poil ras, aux longues pattes et au chanfrein busqué — une silhouette étonnamment proche du Ladoum actuel. Les robes variées qu'on y observe montrent que la couleur n'a jamais été un caractère racial. Ces scènes de traite et de troupeaux témoignent d'une vie pastorale déjà organisée.

Sources : G. Camps, « Iheren », Encyclopédie berbère, T24, 2001 ; J.-L. Le Quellec, 2009
Antiquité — présent

Le peuple Ladem

Le nom « Ladoum » vient de la tribu berbère des Ladem (ou Ladoum), l'une des plus anciennes du Sahara méridional, dispersée de l'Atlantique jusqu'à Gao. Pasteurs nomades riches en chameaux et en moutons, les Ladem sélectionnaient leurs bêtes sur la hauteur au garrot, la longueur du cou et les qualités laitières, et refusaient les croisements avec le mérinos ou le karakul, jugés « trop petits ». À l'époque coloniale, un mâle Ladoum valait 70 francs — sept fois un Touabire, davantage qu'un bœuf.

Sources : P. Marty, Études sur l'islam et les tribus du Soudan, t. 3, 1921 ; témoignages recueillis par OS Ladoum
1818 — 1922

La découverte scientifique

Les missions zootechniques françaises décrivent le mouton maure à poil ras dès 1818 (Huzard), puis Danthon (1820) et Olivier (1827). En 1912, Jacques Meniaud répertorie le Ladoum comme race à part entière dans « Haut-Sénégal-Niger » : « véritable géant de l'espèce ». Une photographie d'un bélier de 150 kg paraît dans la Dépêche Coloniale Illustrée du 15 décembre 1910 — le plus ancien Ladoum photographié connu. En 1922, l'explorateur Paul Adam décrit à Bogué (Mauritanie) des « moutons de race ladoum à poil ras, hauts comme des ânes ».

Sources : J. Meniaud, Haut-Sénégal-Niger, 1912 ; Dépêche Coloniale Illustrée, 1910 ; P. Adam, Notre Carthage, 1922
Années 1970 — 2000

Les précurseurs de Thiès

L'histoire moderne commence à Thiès avec Saada Sy, de retour de Mauritanie avec les premiers Ladoum de souche pure. Il forme des « élèves », dont Matar Mbengue, qui ira lui-même acheter des Ladoum chez les tribus Ladem. Les précurseurs s'approvisionnent aussi aux marchés de Touba Toul et Mbirkilane, et par le train Dakar-Bamako. En 1978, Thiès accueille la première foire dédiée au Ladoum. Le flambeau passe ensuite aux éleveurs de Dakar — Mansour Mbodj, Kiffa Gueye, Abou Kane et d'autres — qui structurent la filière : création de l'ADAM en 1998 (Kiffa Gueye, premier président), concours officiels, émissions télévisées.

Sources : Stud Book du Ladoum sénégalais ; archives ADAM ; témoignages d'éleveurs (via OS Ladoum)
2004 — 2019

L'ère des concours et des records

En 2004 se tient la première foire à l'Obélisque de Dakar. En 2010, l'émission Kharbii consacre Mandela, premier mâle mesuré à 110 cm au garrot. En 2011, Cheikh Diop devient champion SALADAM avec un record à 112,7 cm — la même année, l'ADAM introduit ses coefficients de notation. Le Ladoum devient un phénomène médiatique national, et ses prix s'envolent.

Sources : Archives ADAM et SALADAM, via OS Ladoum
2020 — présent

Un patrimoine vivant

Le Ladoum est aujourd'hui un symbole de prestige au Sénégal et dans toute l'Afrique de l'Ouest, célébré par la presse internationale — National Geographic l'a décrit comme l'un des moutons les plus chers du monde. Les meilleurs sujets se négocient en dizaines de millions de FCFA. L'enjeu de la génération actuelle : préserver la pureté des lignées et documenter les généalogies — c'est précisément la mission de bases de pedigree comme la nôtre.

Sources : National Geographic, 2022 ; Al Jazeera, 2022 ; Africanews, 2022

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