Culture

Le Ladoum, mouton star de la Tabaski au Sénégal

Pourquoi le Ladoum est-il la star de la Tabaski au Sénégal ? Prestige, prix, et une réalité méconnue : les Ladoums d'élite ne sont presque jamais sacrifiés.

Chaque année à l'approche de la Tabaski (Aïd el-Kébir), le Sénégal vit au rythme du mouton. Sur les marchés de Dakar comme dans les médias, une silhouette domine toutes les autres : celle du Ladoum, immense, racé, spectaculaire.

Une idée reçue mérite pourtant d'être corrigée : les Ladoums d'élite ne sont presque jamais sacrifiés pour la Tabaski. Un reproducteur de haut niveau vaut plusieurs millions — parfois plusieurs dizaines de millions — de FCFA : on ne l'immole pas, on le fait reproduire. Les sujets sacrifiés sont généralement des moutons d'autres races ou des Ladoums hors standard, tandis que les champions poursuivent leur carrière en bergerie et en concours.

La Tabaski n'en reste pas moins le grand moment de visibilité de la race. C'est la saison où les bergeries ouvrent leurs portes, où les prix s'affichent, où les familles viennent admirer les champions. La presse internationale s'en est fait l'écho, de National Geographic à Al Jazeera : le Ladoum est devenu un symbole national qui dépasse largement la fête religieuse.

Posséder un Ladoum au Sénégal, c'est un signe extérieur de réussite comparable à une belle voiture — avec une dimension affective en plus : le Ladoum vit souvent au sein de la famille, choyé, lavé, entraîné. C'est cette relation singulière entre l'homme et l'animal qui fait du Ladoum bien plus qu'un mouton de fête.

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